©Paulo Duarte

L’évocation du Souvenir : impression n. m. (subst. du v. se souvenir, 1080 lat.  subvenire « se présenter à l’esprit ») Ce qui revient ou peut revenir à l’esprit des expériences passées ; image que garde et fournit la mémoire.


Une image qui vieillit, s’efface, se transforme… en soi, le polaroid est un vecteur matériel de la mémoire et de ses transformations avec le temps.

Comment créer un polaroid théâtral ? Créer le jeu en direct, les transformations, voir un souvenir submerger et s’effacer, se transformer… 

En partant d’un travail d’image, de compilations de souvenirs personnels, de poèmes, je veux prendre le pari de créer une pièce hybride qui parle à l’intime.  

Pour le texte, dans une adaptation libre et personnelle,  de la matière poétique sera prise dans les écrits de Hanne Bramness, Huguette Champroux, Marie Richeux, Georges Didi-Huberman, et Marc Augé entre autres. 

Pour les images, un travail de réflexion sera réalisé autour des Polaroids de Daniel Blaufuks notamment.

Il est  bien  évident que  notre mémoire serait  vite  « saturée » si nous devions conserver toutes les images de notre enfance, en particulier celles  de notre toute première enfance. Mais  c’est ce qui  reste – souvenirs ou trace - ce qui  est produit d’une érosion par l’oubli. Les souvenirs sont façonnés par l’oubli comme les contours du  rivage par la mer.  (...) Quelque chose donc, de la complicité entre la mer  et la terre,  qui  ont  contribué  toutes deux au long  travail d’élimination dont le paysage actuel est le résultat. (...)
L’oubli, en somme, est la force  vive  de la mémoire et le souvenir en est le produit.

Marc Augé, Les formes de l’oubli

 

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